Chaque année depuis 2010, la Vendée Va’a transforme Les Sables-d’Olonne en un véritable carrefour sportif et culturel où se rencontrent l’Atlantique et le Pacifique. Le temps de quelques jours, la côte vendéenne vibre au rythme des pagaies, des chants polynésiens et des encouragements du public massé le long du littoral.
Organisée par l’association SAPOVAYE, créée en 2015 par le fondateur de la course Denys Remy, cette compétition emblématique de pirogue polynésienne s’est imposée comme l’un des plus grands événements européens de la discipline. Elle attire chaque année plus de 280 rameurs, répartis généralement en 25 équipes venus du monde entier, mais aussi des centaines de curieux, de passionnés de nautisme et d’amoureux de la mer.
La Vendée Va’a est bien plus qu’une course. C’est une aventure humaine, une immersion culturelle et un défi sportif d’exception.

Le Va’a : une tradition millénaire devenue sport de haut niveau
« Va’a » signifie « pirogue » en polynésien. À l’origine, cette embarcation en bois permettait aux Polynésiens de voyager d’île en île, de pêcher et d’explorer l’immensité de l’océan Pacifique. Véritable symbole d’ingéniosité maritime, la pirogue était au cœur de la vie quotidienne et du développement des civilisations insulaires.
Aujourd’hui, si les matériaux ont évolué — le bois ayant souvent laissé place aux composites pour plus de légèreté et de solidité — l’esprit demeure intact. À Tahiti, le va’a est même considéré comme un sport national. Il incarne la transmission, le respect des éléments et la cohésion du groupe.
Car le va’a est avant tout un sport collectif. À bord, chaque rameur doit synchroniser son geste avec une précision extrême. Un décalage, même minime, peut ralentir l’embarcation et fatiguer inutilement l’équipage. L’harmonie est la clé : quand la synchronisation est parfaite, la pirogue semble glisser sur l’eau avec fluidité et puissance.
Une embarcation unique : performance et tradition
La pirogue polynésienne engagée sur la Vendée Va’a mesure environ 13 mètres de long pour un poids d’environ 130 kg en composite. Elle est constituée de plusieurs éléments caractéristiques :
- Deux bras de liaison appelés « iatos », généralement en bois.
- Un balancier, ou « ama », traditionnellement placé à gauche, qui assure la stabilité de l’embarcation.
- Des fixations réalisées à l’aide de chambres à air, offrant une souplesse précieuse pour absorber les chocs des vagues et éviter la casse.
En course, la pirogue atteint une vitesse moyenne d’environ 12 km/h et peut culminer entre 20 et 25 km/h en surf sur les vagues. Les équipages enchaînent environ 60 coups de rame par minute, parfois 65 à 70 pour les plus entraînés.
La rame elle-même peut être en bois ou en composite. Le bois reste très apprécié pour sa souplesse.

128 kilomètres d’effort et d’émotion
La Vendée Va’a se déroule sur trois jours de compétition. Les rameurs parcourent 128 kilomètres en mer, soit entre 10 et 13 heures d’efforts cumulés. Chaque équipier effectue près de 40 000 coups de rame au total.
C’est un défi physique intense, où la fatigue musculaire se mêle à la gestion mentale. Les conditions météorologiques peuvent évoluer rapidement sur l’Atlantique, rendant certaines étapes particulièrement exigeantes. Vent, houle, courants : les éléments font partie intégrante de la course.
Le passage dans le célèbre chenal des Sables-d’Olonne constitue l’un des moments les plus spectaculaires. Les équipages y entrent sous les applaudissements d’un public massé sur les quais, créant une ambiance électrique et inoubliable. Pour les rameurs, c’est un instant chargé d’émotion, où l’effort rencontre la ferveur populaire.
Une compétition ouverte et inclusive
La Vendée Va’a se distingue par la diversité de ses formats et catégories, permettant à des équipes amateures comme à des rameurs confirmés de se mesurer dans un cadre sécurisé et structuré.
Depuis 2018, l’événement valorise particulièrement les équipes féminines en proposant une course féminine unique au monde. Cette initiative souligne la volonté des organisateurs de promouvoir l’égalité et de mettre en lumière la performance des femmes dans une discipline exigeante.
Un village polynésien au cœur de la Vendée
Fidèle à ses racines, la Vendée Va’a ne se limite pas à la performance sportive. Autour des courses, un véritable village d’animations prend vie. Danses traditionnelles, musique, artisanat, gastronomie et moments de partage permettent au public de découvrir la richesse de la culture polynésienne.
C’est une invitation au voyage sans quitter la côte atlantique. Une immersion dans un art de vivre profondément lié à la nature, au respect de l’océan et à la solidarité.
Familles, touristes, habitants et passionnés de nautisme se retrouvent sur le front de mer pour vibrer ensemble. L’événement contribue au rayonnement des Sables-d’Olonne et de la Vendée, mettant en lumière leur dynamisme et leur attachement aux sports nautiques.
Une rencontre entre deux mondes
Participer ou assister à la Vendée Va’a, c’est vivre une expérience unique où se mêlent performance sportive, émotion collective et partage culturel. Chaque édition laisse des souvenirs marqués par l’intensité de l’effort, la convivialité et la beauté du geste.
Plus qu’une compétition, la Vendée Va’a est la rencontre de deux mondes unis par la mer : l’esprit polynésien et l’énergie de l’Atlantique.
Cette année, l’événement se déroulera du 13 au 16 mai 2026. Pour vivre pleinement l’expérience et ressentir au plus près la puissance de l’océan et l’atmosphère de la course, rien de tel que de séjourner face à la mer. Réserver un hôtel avec vue sur l’Atlantique, c’est prolonger la magie et s’offrir un spectacle permanent entre ciel, vagues et pirogues.
